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Systèmes vocaliques des langues du monde

mis à jour le 6 octobre 2014

- VOYELLES ET SYSTEMES VOCALIQUES DES LANGUES DU MONDE :

Plusieurs travaux de l’équipe se sont attachés à montrer :

  • en quoi les descriptions acoustiques et la modélisation articulatoire sont pertinentes pour la description des systèmes vocaliques, aussi bien dans une perspective structurelle (language-internal) que dans une perspective translinguistique.

Dans ce cadre, les travaux de J. Vaissière et collègues ont cherché à déterminer comment des définitions acoustiques peuvent compléter des descriptions en symboles API pour refléter au mieux les caractéristiques phonétiques des sons dans une langue particulière et le système de contrastes acoustiques et ainsi faciliter la comparaison entre les langues. La description des inventaires phonémiques à l’aide des symboles API est basée généralement et essentiellement sur des arguments structuraux et sur des jugements perceptifs d’experts. Si ceux-ci permettent une description des oppositions phonémiques et offrent certaines indications articulatoires, elles ne comportent pas suffisamment d’information sur les caractéristiques des sons produits dans les langues du monde. Le programme de recherche de J. Vaissière se propose de décrire les phonèmes d’une langue particulière en référence à des propriétés acoustiques stables à l’image des voyelles cardinales de D. Jones qui étaient définies en termes articulatoires. Une grande partie des voyelles de référence sont des voyelles focales définies par un rapprochement extrême de deux formants adjacents (F1-F2, F2-F3 ou F3-F4) créant une forte concentration d’énergie dans une zone étroite de fréquence. Ces voyelles focales de référence sont des voyelles quantales résultant de configurations articulatoires spécifiques où les possibilités de compensation articulatoire sont minimales et elles sont des propriétés perceptives particulières. Les autres voyelles d’une langue et les voyelles des autres langues sont définies par rapport à la position dans un espace à plusieurs dimensions par rapport à ces voyelles focales, ce qui permet d’exprimer la différence entre le timbre de /i/ , /a/, et /u/ dans les langues.

L’apport de l’analyse acoustique à la description phonologique a aussi été abordé dans plusieurs études menées sous l’égide de Nick Clements sur les corrélats acoustiques des traits phonologiques et sur l’apport de l’analyse acoustique à la linguistique de terrain.

L’intérêt de l’analyse acoustique pour la comparaison des systèmes vocaliques entre les langues a aussi été exemplifié dans les travaux de C. Gendrot et A. Decker sur de gros corpus de parole segmentés automatiquement qui permettent de comparer les caractéristiques spectrales des voyelles en fonction de la taille des inventaires vocaliques, des contextes et de leur durée.

Enfin, plusieurs travaux sur le français ont porté sur une voyelle particulière du français, le schwa.
Une première série d’études acoustiques, le plus souvent sur de grands corpus (ESTER, PFC), a été menée pour déterminer en quoi cette voyelle est différente acoustiquement de /ø/ et /oe/ et comment ses caractéristiques varient en fonction des français régionaux. Une seconde série d’études, dans lesquelles s’inscrit le mémoire de M2 d’Audrey Bürki, préparé au LPP, puis sa thèse soutenue à l’Université de Genève, s’est portée sur la question de la chute de schwa. Toujours à partir de l’observation de la parole continue dans un gros corpus (ESTER) nous avons questionné la nature catégorielle et/ou graduelle de ce phénomène.

  • Il a été montré (1) que si le schwa est en général décrit comme soit absent soit présent, il existe des réductions phonétiques graduelles de cette voyelle en parole continue (à l’image d’autres voyelles) et (2) qu’il n’existe pas de relation directe entre perception de l’absence de schwa et disparition de traces acoustiques (certains schwas très courts ne sont pas perçus et vice versa).

Enfin une autre partie des travaux s’est intéressée aux caractéristiques des groupes de consonnes résultant de la chute de schwa et aux facteurs conditionnant la chute de schwa et sa durée.