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Soutenances (Thèses, Masters & HDR)

Soutenance de thèse Christelle Exare

mis à jour le 25 janvier 2017

Soutenance de thèse de Christelle Exare, " Les aspirations intrusives dans l’anglais des apprenants francophones"

le 31 Janvier 2017, 10h00, Salle Athéna à la Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais - 75005 Paris

Jury :

  • Daniel HIRST, Aix-en_Provence, Pré-rapporteur.
  • Rudolph SOCK, Strasbourg, Pré-rapporteur.
  • Nicolas BALLIER, Paris7, Examinateur.
  • Nadine HERRY-BÉNIT, Paris8, Examinatrice.
  • Jacqueline VAISSIÈRE, Paris3, directeur.
  • Barbara KÜHNERT, Paris3, Co-directeur

Résumé
Cette thèse décrit les aspirations intrusives, saillantes mais labiles, souvent représentées par /h/ ou [h], dans l’anglais L2 des francophones (par exemple : I hate pasta au lieu de I ate pasta). Le phonème /h/ est débile dans les langues indo-européennes. Historiquement, la consonne subit une lénition progressive, avec une forte variation linguistique et extralinguistique (diatopique, diastratique et diachronique). La fricative glottale /h/ à l’attaque de mot en anglais L1 est caractérisée par i) l’ouverture de la glotte et ii) la configuration supraglottale de la voyelle suivante. Dans cette étude, les réalisations des attaques de mot en anglais sont étudiées à partir de trois sortes de données : i) un texte lu par 8 anglophones et 10 francophones, ii) la parole spontanée de 25 francophones et iii) un test de perception passé par 30 francophones. La fréquence d’apparition des aspirations intrusives montre une forte variabilité inter- et intra-locuteurs. Elles sont retrouvées exclusivement i) en position initiale absolue ou ii) après un phone vocalique. Une pause, une glottalisation ou une aspiration sont trois procédés qui conduisent à augmenter l’écart temporel entre deux voyelles en hiatus. Une glottalisation ou une aspiration ont en commun de correspondre à une tension glottale. Les aspirations illicites semblent être des traces d’hypercorrection qui pourraient être dues i) à une assimilation incomplète du contraste phonétique [ʔ] [h] de l’anglais, ii) à la réparation phonologique facultative de *#V, iii) à un geste de constriction glottale n’atteignant pas sa cible (glottalisation inchoative) et à un geste intrusif d’ouverture glottale. La correction phonétique proposée par le professeur recherche la prise de conscience par l’apprenant i) du contrôle de la glotte pour l’aspiration, la glottalisation et le maintien d’un voisement modal en frontière morphologique, et ii) des particularités syllabiques du français et de l’anglais qui font des frontières de mot des points d’achoppement potentiels en anglais L2.

Mots clés : phonétique, anglais L2, intrusion, [h], aspiration, glotte, hiatus, frontière, position initiale

Intrusive tokens of aspiration in French learners’ L2 English

Abstract

This dissertation describes some salient, yet variable, intrusive tokens of aspiration, often represented by /h/ or [h], in French learners’ L2 English productions (e.g. : I hate pasta instead of I ate pasta). The phoneme /h/ is weak in Indo-European languages. Historically, the consonant has undergone progressive lenition and exhibits strong intralinguistic and extralinguistic —diachronic, dialectal and stylistic— variation. The glottal fricative /h/ at English word onsets is characterised by i) an open glottis and ii) the supraglottal configuration of the following vowel. In the present study, the onsets of English words are analysed in three types of data : i) a text read by 8 native English speakers and 10 French learners of English, ii) spontaneous speech elicited from 25 French learners and iii) a perception test taken by 30 French-speaking students. The frequency of intrusive tokens of aspiration at L2 English word onsets shows high inter- and intra-speaker variability. Importantly, however, they only surface i) in strict initial position or ii) after a vocalic sound. A pause, some glottalisation or some aspiration are three processes that contribute to increasing the time span between two vowels in a hiatus context. Glottalisation and aspiration both correspond to glottal tension. Illicit tokens of aspiration can be considered as occurrences of hypercorrection, which may result from : i) incomplete assimilation of the English [ʔ] [h] contrast, ii) optional phonological repair of *#V, iii) a glottal constriction gesture that fails to reach its target (i.e. inchoative glottalisation) and an intrusive gesture of glottal opening. Phonetic corrective feedback in L2 learning is proposed. It aims at raising the learner’s awareness of i) glottal control for aspiration, glottalisation, and continuous modal voicing across word boundaries and ii) some syllabic specificities of French and English that make word boundaries potential stumbling blocks in French learners’ L2 English.

Keywords : phonetics, L2 English, intrusion, [h], aspiration, glottis, hiatus, boundary, initial position


Soutenance de thèse de Simon Landron, "L’opposition de voisement des occlusives orales du français par des locuteurs taïwanais"

le 24 Janvier 2017, 14h30, salle Athéna à la Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais - 75005 Paris

Jury :

  • Monsieur Joël BELLASSEN, Membre HDR de l’équipe de recherche PLIDAM-INALCO
  • Madame Margaret BENTO, Professeure des Universités, Paris 5 Paris Descartes
  • Madame Yueh-chin CHANG, Professeure des Universités, National Tsing Hua University
  • Madame Francine CICUREL, Professeure émérite, Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • Monsieur Willy SERNICLAES, Professeur honoraire, Université libre de Bruxelles
  • Madame Jacqueline VAISSIERE, Professeure émérite, Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Directeur

Résumé :

Cette thèse traite de l’acquisition des occlusives sourdes /p t k/ et sonores /b d g/ du français par 11 locutrices taïwanaises de niveau intermédiaire à avancé. La situation de Taïwan est qualifiée de diglossique, les locuteurs parlent généralement deux langues dont les principales sont le chinois mandarin et le taïwanais. Le chinois mandarin possède les occlusives /p t k ph th kh/ tandis que le taïwanais possède les occlusives /b g p t k ph th kh/. L’analyse acoustique des logatomes CVCVCVC où C=/b d g p t k/ et V=/a i u/ révèle une grande hétérogénéité entre les locutrices : les indices des natifs du français pour opposer entre sourdes et sonores sont parfois utilisés par les non-natifs, parfois non. On note l’influence du chinois mandarin. Un test de perception révèle une moins bonne discrimination des paires de consonnes /b p/, /d t/ et /g k/ en syllabe CV si V=/a/, comparé à /i u/. Ces résultats suggèrent une tendance générale chez ces auditrices à mieux discriminer les occlusives du français lorsque le VOT des sourdes est plus long et à ne pas tenir compte du VOT négatif des voisées. En perception, les indices pour discriminer les occlusives aspirées et non-aspirées du chinois mandarin semblent ainsi également être utilisés en français. Nous n’avons pas relevé de signe d’une influence du taïwanais, où l’opposition de voisement existe cependant.

Mots clés : phonétique, acoustique, perception, prononciation, voisement, consonne occlusive, VOT, v-ratio, français, chinois mandarin, taïwanais, Français Langue Etrangère (FLE)


Soutenance de thèse de Nadia Slama, "Mesures comparées des paramètres acoustiques chez des locuteurs bègues et non-bègues tunisiens"

le 26 Novembre 2016, 14h30, salle Claude Simon à la Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais - 75005 Paris

Jury :

  • M. Salem GHAZALI, Professeur émérite de phonétique Université de Carthage, Tunisie, examinateur
  • Mme. Mhania GUERTI, professeur, à l’Ecole Nationale Polytechnique d’Alger, Algérie, Prérapporteur
  • Mme. Marie-Claude PFAUWADEL, Médecin O.R.L, examinateur
  • M. Rudolph SOCK, professeur de Phonétique, Strasbourg, Prérapporteur
  • Mme. Jacqueline VAISSIERE, professeur émérite de Phonétique, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3, Directeur

Résumé :
Cette thèse porte sur l’étude de paramètres acoustiques dans parole fluente chez des locuteurs bègues (SB) et des non-bègues (SNB), tunisiens.

Les paramètres acoustiques comparés entre SB et SNB incluent le temps d’établissement du voisement (ou V.O.T), la fréquence du fondamental (F0), des mesures du Jitter et du Shimmer, l’étendue et la direction de la transition du second formant (F2), et également les trois premiers formants (F1, F2 et F3) des trois voyelles /a, i, u/. Les résultats sont en accord avec les études antérieures en ce qui concerne le V.O.T, qui serait aussi plus long chez les bègues américains et français. Concernant les valeurs du F0, des différences significatives entre les deux groupes sont obtenues pour /u/. Les mesures du Jitter et du Shimmer ne montrent pas de différences significatives, contrairement aux résultats recueillis chez les bègues américains où la signification est obtenue pour les mesures du Shimmer. Enfin,en ce qui concerne l’étude des variations formantiques, il y a des tendances sans atteindre la signification pour F1, F2 et F3. Les mesures de F2 sont moins élevées chez les bègues avec quelques résultats significatifs obtenus pour les séquences du type C-u. Le triangle vocalique des trois voyelles /a i u/ chez les enfants bègues tunisiens n’est totalement centralisé contrairement aux triangles obtenus chez les locuteurs bègues français et américains, selon la littérature.


Soutenance de thèse de Arnold Aron, "La voix genrée, entre idéologies et pratiques Une étude sociophonétique"

le 3 décembre 2015, 15h, salle C, centre Bievre, au troisieme etage,, 1-5 rue Censier - 75005 Paris (Métro Censier-Daubenton)

Jury :

Alexandre Duchêne, Zsuzsanna Fagyal-Le Mentec, Béatrice Fracchiolla, Luca Greco (co-directeur), Jacqueline Vaissière (co-directeur)

Résumé :

Ce travail de thèse interroge le lien qui existe entre voix et genre. Le triple dispositif analytique sociophonétique, consistant à articuler données phonétiques, expérimentales et ethnographiques, a permis d’étudier comment une voix est perçue comme genrée et comment des locutrices/eurs utilisent des pratiques vocales pour indexer des identités de genre.
Deux expériences dans lesquelles étaient utilisés comme stimuli des voix de synthèse et des voix resynthétisées ont permis d’observer que la fréquence fondamentale et les fréquences de résonance jouent des rôles différents dans la perception du genre. Une troisième expérience avec des voix de locutrices/eurs trans (transgenres, transsexuel-le-s) a permis de reproduire les résultats des deux expériences précédentes : en deçà d’un certain seuil de fréquence fondamentale, les voix tendent à être perçues comme « voix d’hommes » ; la perception genrée de voix produites avec des fréquences fondamentales supérieures à ce seuil est cependant largement déterminée par les fréquences de résonance.
L’étude de pratiques vocales utilisées par des locutrices/eurs trans a soulevé un ensemble de questions sur le passing de genre et sur la co-indexation d’identités et de postures par la voix. Elle a aussi soulevé la question de la légitimité de chercheurs identifiés comme hommes cisgenres à réaliser ce type d’étude. Une démarche ethnographique a pu apporter des éléments de réponse à ces différentes questions.
Une analyse de la littérature phonétique a finalement permis de montrer que celle-ci, à travers ses questions et hypothèses de recherche, ses axiomes, ses analyses et interprétations des données, peut véhiculer une idéologie de genre binaire et sexiste.

Mots clés :

fréquence fondamentale, fréquences de résonance, genre, indexicalité, sociophonétique, transidentité, voix.


Soutenance de HDR de Rachid Ridouane

le 19/06/2015, à 10h, Université Paris-Diderot, Salle 255, Olympe de Gouges

Thèse :
Questions amazighes (tachlhit) à l’interface de la phonétique et de la phonologie

Jury :

  • Ioana Chitoran, Professeur, Université Paris7-Diderot, Directrice
  • Didier Demolin, Professeur, Université Paris3-Sorbonne Nouvelle, examinateur
  • Louis Goldstein, Professeur, University of Southern California, examinateur
  • Martine Grice, Professeur, Universität zu Köln, Rapporteur
  • Pierre Hallé, Directeur de Recherche, CNRS, examinateur
  • Noël Nguyen, Professeur, Université d ?Aix en Provence, examinateur
  • Annie Rialland, Directrice de Recherche Émérite, CNRS, Rapporteur

Résumé :

La préoccupation majeure de mes recherches porte sur la structure et le contenu des unités phonologiques - trait, phonème, syllabe - et pose la triple question de la place de ces éléments de base dans les systèmes phonologiques, de leurs manifestations physiques, et de leur réalité psychologique. Cette problématique, qui constitue un des objectifs fondamentaux de la recherche actuelle à l’interface de la phonétique et de la phonologie, est explorée en examinant plus spécifiquement le tachlhit, langue amazighe (berbère) parlée au Maroc. Au-delà de la richesse de son inventaire consonantique, c’est notamment l ?extrême souplesse que cette langue offre pour former de séquences consonantiques qui l’a fait connaître à la communauté des phonologues et des phonéticiens. Locuteur natif du tachlhit, je me suis intéressé depuis ma thèse aux questions soulevées par cet embarras de consonnes dans une démarche alliant questionnements théoriques et investigations expérimentales. Ce mémoire présente une synthèse de mes travaux sur ces sujets depuis la thèse de Doctorat.

Le chapitre I porte sur la syllabe. Une des questions fondamentales qui sous-tend mes travaux sur ce thème concerne la nature des syllabes sans voyelle : s’agit-il uniquement d’un objet théorique utile pour les descriptions linguistiques ou est-ce aussi une réalité psychologique et un objet physique que l’on peut mesurer et idéalement trouver les faits acoustiques ou articulatoires qui le réalisent ? Mes travaux ont notamment contribué, en fournissant des arguments basés sur diverses études expérimentales, à conforter la thèse selon laquelle la syllabe en tachlhit peut ne contenir que des obstruantes sans voyelle.

Le chapitre II traite de la gémination consonantique. Mes travaux sur ce sujet poursuivent une longue tradition de recherches sur la structure et la manifestation physique de ces consonnes particulières. Les géminées posent en effet un ensemble de questions qui concernent leur nature et leur comportement phonologiques en lien avec leurs caractéristiques acoustiques, articulatoires et perceptives. J’ai traité de ces questions en examinant différents types de géminées (lexicales, par assimilation et par concaténation) dans différentes positions prosodiques (initiale, intervocalique, finale) pour différentes obstruantes (occlusives et fricatives sourdes et voisées). Entre autres contributions de ces recherches a été de mettre en exergue le lien très étroit qui existe entre la représentation phonologique de ces segments et leurs manifestations phonétiques : les caractéristiques des géminées sont mieux rendues en traitant structurellement ces segments comme deux unités de durée liées à une position mélodique.

Le chapitre III porte sur la théorie des traits distinctifs en lien avec la composante laryngale. Je me suis intéressé plus particulièrement à la question de la relation que les traits laryngaux entretiennent avec les paramètres que l’on peut mesurer au niveau acoustique et articulatoire, en défendant l’idée qu’un trait [T] est un rapport entre une articulation donnée et son produit acoustique, valable pour toute la classe de sons définis par [T], la satisfaction de ces deux conditions étant nécessaire pour le recouvrement du trait. Mes travaux sur la composante laryngale se sont intéressés plus largement à la question des ajustements glottaux pendant la tenue de longues séquences d’obstruantes sourdes. Les résultats fournissent une illustration frappante de la coordination temporelle particulièrement solide qui existe entre les gestes laryngaux et supralaryngaux dans la production des séquences d’obstruantes sourdes, et apportent un regard nouveau sur notre compréhension de la coordination laryngale-orale dans la parole.

Enfin, dans un bref quatrième et dernier chapitre, je conclus sur mes travaux en cours ainsi que sur mes perspectives de recherche pour les années à venir qui héritent en grande partie des problématiques sur la nature et la forme des représentations phonologiques.

L’écriture de ce mémoire a été guidée par le désir de mettre en perspective mes travaux de recherche par rapport aux questionnements théoriques généraux sur les unités de représentation. En cela, elle reflète le souci constant de partir du tachlhit pour aborder des questions théoriques dépassant largement le cadre restreint des études amazighes.


Soutenance de thèse de Jiayin Gao

le 21/05/2015, à 14h, Maison de la Recherche - Salle Claude Simon - 4, rue des irlandais - 75005 Paris

Thèse :
Interdépendance entre tons, segments et types de phonation en shanghaïen

Jury :

  • Mme. Yiya CHEN (pré-rapporteur) - Professeur des universités - Université de Leiden, Pays-Bas
  • M. Pierre HALLÉ (directeur) - Directeur de Recherche CNRS - Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • M. Guillaume JACQUES (pré-rapporteur) - Chargé de Recherche HDR CNRS - CNRS - EHESS - INALCO
  • Mme. Martine MAZAUDON - Directeur de Recherche Emérite CNRS - Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • M. Alexis MICHAUD - Chargé de Recherche CNRS - Université de Technologie de Hanoi
  • M. Laurent SAGART - Directeur de Recherche CNRS - CNRS - EHESS - INALCO

Résumé :
Cette étude porte sur les corrélats phonétiques des registres tonals yin vs. yang du shanghaïen parlé dans la région urbaine de Shanghai. Nos investigations acoustique, articulatoire et perceptive ont montré qu’en dehors du F0, des indices multi-dimensionnels comme le voisement (voisé pour yang et non-voisé pour yin), le pattern de durée (ratio C/V bas pour yang et élevé pour yin), et le type de phonation (soufflé pour yang et modal pour yin) participent tous à la définition du registre tonal. Parmi tous ces indices, nous tâchons de distinguer les traits redondants liés aux effets coarticulatoires de ceux qui sont des survivants de changements diachroniques. En particulier, la voix soufflée qui accompagne les tons yang est un trait anciennement distinctif et aujourd’hui redondant, issu d’une évolution tonale qui est la transphonologisation de distinction de voisement vers la distinction de registre tonal, ou « bipartition tonale ». Nous proposons que la perte d’un trait redondant issu d’un changement diachronique peut être très lente si ce trait ne contrarie pas les effets coarticulatoires et/ou si le trait a une fonction perceptive.
En nous basant sur les données synchroniques des locuteurs de deux générations (20-30 ans vs. 60-80 ans), nous constatons une tendance vers la disparition de cette phonation soufflée. Nous constatons également une évolution plus avancée chez les femmes que les hommes de leur âge. Dans notre étude, nous essayons d’expliquer ce changement tant par des causes internes que par des causes externes.

Mots clés : Shanghaïen, ton, voix soufflée, durée, voisement, transphonologisation

Abstract
This study bears on the phonetic correlates of the yin vs. yang tone registers of Shanghai Chinese as spoken in Shanghai urban area. Our acoustic, articulatory, and perceptual investigations showed that beside F0, multidimensional cues, such as voicing (voiced for yang vs. voiceless for yin), duration pattern (low C/V ratio for yang vs. high C/V ratio for yin), and phonation type (breathy for yang vs. modal for yin) enter in the specification of tone register. Among all these cues, we attempt to distinguish the redundant features related to coarticulatory effects from those that are remnants of diachronic changes. In particular, the breathy voice accompanying yang tones, which was a distinctive feature in a previous state of the language and has now become a redundant feature, arose from a tonal evolution, namely the transphonologization of a voicing contrast into a tone register contrast, that is, the “tone split.” We propose that the loss of a redundant feature arisen from a diachronic change may be very slow if that feature does not oppose to coarticulatory effects and/or if that feature has a perceptual function.
Based on the synchronic data from the speakers of two generations (20-30 years vs. 60-80 years), we find a trend toward the loss of this breathy phonation. We also find that this evolution is more advanced in women than men of the same age. In our study, we try to explain this change by internal factors as well as by external factors.

Keywords : Shanghai Chinese, tone, breathy voice, duration, voicing, transphonologization