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Nawafleh Ahmad

Membre Associé


Professeur Assistant
Départements de langues modernes
Université Mutah
Jordanie
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Mes intérêts de recherche

Mes activités de recherche s’inscrivent dans le cadre de l’application de la phonétique expérimentale à la didactique des langues. Mes intérêts à la phonétique à des fins didactiques se sont développés au cours de mes activités professionnelles d’enseignant de français (à partir de 2005) à des apprenants arabophones. Cela m’a conduit à effectuer des études doctorales en phonétique (2008-2012) en français sur la direction de Mme le professeur Jacquelaine VAISSIERE (Laboratoire de phonétique et phonologie de la Sorbonne Nouvelles, Paris III). La perception et la réalisation appropriées des sons d’une nouvelle langue constituent souvent des difficultés pour les apprenants souhaitant en maîtriser une bonne prononciation. Aider les apprenants à surmonter ces difficultés nécessite le recours à des méthodes variées (aérodynamique, acoustique…etc) afin de diagnostiquer et identifier les erreurs et par conséquent, proposer des stratégies et des moyens de correction phonétique. Je mène, éventuellement, des recherches portant, à la fois, sur la nasalité vocalique en français et la nasalisation des voyelles orales en français et en arabe.

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CV mis à jour en juin 2014 :

Résumé de thèse
Difficultés de prononciation et de perception des voyelles du français par des apprenants jordaniens

Cette étude s’inscrit dans le cadre de l’application des connaissances acquises grâce à des expériences de phonétique expérimentale à l’enseignement de la prononciation des voyelles dans le cadre du FLE. Les formants des voyelles orales du français et de l’arabe prononcées par des locuteurs jordaniens et des locuteurs français indiquent que les voyelles /iː aː uː/ de l’arabe diffèrent phonétiquement des voyelles /i a u/ du français, en particulier /iː uː/ qui se rapprochent plutôt de /e o/ du français.
L’étude acoustique des voyelles du français réalisées par des locuteurs français et des apprenants jordaniens montre que la voyelle /u/ perd son identité quand elle est réalisée par des apprenants : les formants de /u/ réalisée par des débutants sont proches de /ø/ et ceux par des apprenants avancés sont proches de /o/ dans la performance des locuteurs natifs.
L’identification des voyelles des apprenants par des auditeurs français confirme que la voyelle /u/ est confondue avec /o ø/ et indiquent que les apprenants réalisent seulement un timbre des paires : [e-ɛ], [ø-œ] et [o-ɔ] et qu’ils réussissent à reproduire et identifier /y/ et /ø/ pourtant absentes de leur système phonologique. En revanche, les voyelles nasales représentent, pour eux, une grosse difficulté. Ils les confondent entre elles et avec des voyelles orales.
L’étude comparative des données aérodynamiques des voyelles /ɑ̃ ɛ̃ ɔ̃/ produites par des apprenants jordaniens et des locuteurs français montre que les apprenants synchronisent différemment l’arrivée du débit d’air nasal et qu’ils répartissent différemment sa quantité sur les voyelles par rapport aux natifs. La mesure des formants au début des voyelles nasales (la partie dénasalisées des voyelles nasales) montre que les apprenants ne possèdent pas les mêmes cibles articulatoires pour /ɑ̃ ɛ̃ ɔ̃/ que les natifs. Notre thèse s’achève par une réflexion portant sur des stratégies de correction phonétique, des propositions matérielles et techniques d’entraînement à la prononciation.