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Langues africaines

mis à jour le 6 octobre 2014

  • LANGUES AFRICAINES

Un chapitre du livre "Africa as a phonological area" par Clements & Rialland réunit les résultats des deux auteurs sur l’extension géographique en Afrique de plusieurs traits phonologiques tels que les consonnes labio-vélaires, les consonnes implosives (injectives), les voyelles nasales, les systèmes d’harmonie vocalique ATR et de deux caractéristiques prosodiques (trois niveaux tonals ou plus, intonation de question « relâchée »).

De cet ensemble d’études émergent des zones phonologiques (la zone nord, la ceinture soudanique, ...) souvent à cheval sur plusieurs familles, parfois plusieurs phyla de langues (niger-congo, nilo-saharien, afro-asiatique). Certains points, tels que la distribution aréale des implosives dans le Delta du Niger ont été précisés dans Rialland et Clements 2011.

Par ailleurs, ayant constitué une base de données sur les intonations de question de 120 langues africaines, A. Rialland a pu dégager une intonation de question « relâchée », comme trait de la ceinture soudanique (depuis les langues kru de la famille niger-congo à l’ouest de l’Afrique jusqu’aux langues soudaniques (Central Sudanic) de la famille nilo-saharienne à l’Est du continent.

Certaines de ces intonations « relâchées », comme celle du kabiye (Togo) ont donné lieu à des études phonétiques.

Enfin, un projet ANR concernant les langues bantoues (BANTUPSYN, 2009-2011, prolongé jusqu’en septembre 2012) a été obtenu par Annie Rialland. Ce projet, portant sur l’interface Phonologie/syntaxe s’inscrit dans le cadre du programme Franco-allemand pour les SHS. La coordination côté allemand est assurée par Laura Downing. Le partenaire allemand principal est la ZAS à Berlin et le deuxième partenaire français, le DDL de Lyon.
Les questions de recherche centrales sont les suivantes :

  1. Est-ce que la Hiérarchie Prosodique fournit assez de niveaux pour définir les domaines nécessaires à l’expression des différents types de groupements prosodiques ?
  2. Est-ce que les différents niveaux prosodiques ont (à travers les langues) des corrélats phonétiques constants ?
  3. Peut-on rendre compte de l’organisation en groupements prosodiques seulement en faisant référence aux frontières des constituants syntaxiques ou existe-t-il d’autres facteurs (comme des domaines syntaxiques cycliques, ou la structure informationnelle) qui jouent un rôle ?

Le projet a abordé avant tout la syntaxe et la prosodie des structures syntaxiques complexes – phrases enchâssées, dislocations et questions. Un large ensemble de langues bantoues, représentant un grand nombre de zones linguistiques, a été considéré : chichewa, chitumbuka, makonde, chiwiini, shingazidja, basaa, embosi, entre autres.