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Georgeton Laurianne

Ancien membre

Docteur

Laboratoire de Phonétique et Phonologie
UMR 7018, CNRS/Sorbonne-Nouvelle
19 rue des Bernardins
75005 Paris

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Site Georgeton Laurianne

Thèse soutenue le 29/09/2014, à 14h, Salle Las Vergnas, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 - 13 rue de Santeuil - 75005 PARIS

Sujet de thèse :
Renforcement des voyelles orales du français en position initiale de constituants prosodiques : interaction avec les contrastes phonologiques sous la direction de Jacqueline Vaissière et Cécile Fougeron

Jury :

  • Demolin, Didier, Professeur des Universités - Université de Grenoble
  • Fougeron, Cécile, Directeur de recherche CNRS - Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
  • Loevenbruck, Hélène, Chargée de recherche CNRS - Université de Grenoble
  • Ménard, Lucie, Professeur des Universités - Université du Québec à Montréal - Canada
  • Nguyen, Noel, Professeur des Universités - Université Aix-Marseille
  • Vaissière, Jacqueline, Professeur des Universités - Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 directrice de thèse

Résumé :
Le but de cette thèse est de mieux comprendre le phénomène de renforcement initial pour les voyelles du français : ses mécanismes de réalisations et sa fonction linguistique. Pour cela, cette thèse compare la réalisation acoustique et articulatoire (lèvres et menton) des voyelles orales du français /i, e, ɛ, a, y, ø, œ, u, o, ɔ/ en position strictement initiale de Groupe Intonatif et en position médiane de Groupe Intonatif. Le corpus a été enregistré par quatre locutrices avec deux appareils en simultané : une caméra pour l’analyse de l’aperture et l’étirement des lèvres et un appareil de capture mouvements (Qualisys) pour l’analyse articulatoire de la protrusion des lèvres et de l’abaissement du menton. Une étude acoustique a également été menée (formants, intensité, durée). Cette thèse montre que, d’une part, le renforcement initial modifie des caractéristiques phonétiques des voyelles qui peuvent contribuer, à renforcer les contrastes syntagmatiques en augmentant la sonorité de la voyelle : augmentation de l’aperture et l’étirement aux lèvres pour l’ensemble des voyelles et augmentation d’intensité acoustique pour la plupart. D’autre part, le renforcement initial renforce des caractéristiques acoustiques et articulatoires propres à chaque voyelle. Ces variations contribuent à maximiser les contrastes paradigmatiques entre voyelles : soit par une maximisation de chacune des valeurs du contraste ([+F] et [-F]), soit par une maximisation d’une des deux valeurs du contraste ([+F] ou [-F]).

Mots clés : renforcement initial, voyelles orales, français, contrastes phonologiques.

Parcours

En 2006, j’ai quitté ma Normandie natale pour achever ma dernière année de licence de Lettres Modernes à l’Université de Paris III. Après cette formation littéraire, j’ai été très intéressée par le master de Phonétique, pour ses enseignements riches et complets et pour la place accordée à l’expérimental. Cet aspect scientifique pourrait sembler éloigner des études de Lettres mais ils me semblent au contraire complémentaires, puisque le sujet d’étude demeure le même : la parole, la parole via l’écriture, la parole via le discours, la parole via la communication et les interactions entre personnes. On peut encore voir l’empreinte de ces études littéraires, dans le corpus de mon mémoire qui n’est autre qu’un extrait de Phèdre. Mon mémoire s’intitule : Etude acoustique, perceptive et articulatoire (mouvements des lèvres) de quatre voyelles du français lors d’émotions simulées en français et a été dirigé par Mme Vaissière.

J’ai eu la chance d’utiliser un tout nouveau matériel du Laboratoire de Phonétique et de Phonologie : le Qualisys qui permet une captation automatique par infrarouge des déplacements de réflecteurs placés à des positions biomécaniques cibles (commissure des lèvres, arc de cupidon, sourcils, mâchoire...). Cet appareil m’a permis d’effectuer une étude articulatoire du mouvement des lèvres et je continuerai lors de ma thèse à m’intéresser à la question de la labialité en français. J’ai suivi, parallèlement au master 2, des cours de didactique Français Langue Etrangère pour appréhender et comprendre le français comme une langue étrangère, saisir quelle était la place de la phonétique dans l’enseignement du FLE et quels moyens (audio, littéraire, journalistique...) étaient mis en place pour la phonétique correctrice. Ce travail de mémoire, les enseignements suivis et les rencontres que j’ai pu faire pendant ces deux années de master ont enrichi ce désir de poursuivre en thèse. J’aime particulièrement la démarche attendue : se donner un sujet, voir les études déjà effectuées relatives à ce sujet, travailler en équipe et voir ce que nous pouvons ajouter, apporter de nouveau pour tenter de comprendre la complexité de la parole.