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Mes parents sont très farceurs : ils m’ont appelé Jean Léonard Léonard. Mon père s’appelait Jean. De son nom de famille Léonard. Il était de Rouen. Ma mère s’appelait Frémont, Marguerite - comme l’égérie de Faust et du Maître de Boulgakov - et était des Ardennes, la région des gaufres. Comme ma mère m’appelait Léo, j’ai donc corrigé mon nom de chercheur en Jean-Léo Léonard, plutôt que Jean Léonard Léonard, puisqu’on a appris avec Roman (Jakobson) que la pertinence doit primer sur la redondance.

Je suis né à Paris en 1960, mais je n’y ai vécu que quelques années, en banlieue, avant d’aller suivre mes parents là où on voit la mer et là où on voit des pommiers. Mes parents étaient artisans, et ils préféraient vivre à la campagne. J’ai donc vécu une partie de mon enfance dans l’île de Noirmoutier, puis en Normandie, dans l’Eure (le Lieuvin, plus exactement). J’ai ensuite terminé mes études à Paris, puis je suis allé faire un service civil (VSNA) comme lecteur de français en Finlande, de 1984 à 1986.

Là, je me suis lancé passionnément dans la dialectologie finnoise et fennique, dont le premier résultat fut une grosse maîtrise (333 pages) sur un idiolecte dialectal de Pori (sud-ouest de la Finlande), dans une perspective labovienne.

Rentré en France en 1986, j’ai passé un DEA puis un doctorat de sciences du langage à l’Université de Provence sous la direction de Jean-Claude Bouvier, grâce à qui je rencontrai Valeriu Rusu, grand dialectologue et humaniste roumain, qui m’apporta beaucoup. Il fut pour moi un maître irremplaçable. En 1990 je m’en fus m’installer un an à Toulouse pour compléter ma thèse sous les conseils de Jean-Louis Fossat.

Ma thèse portait sur la variation dialectale dans l’île de Noirmoutier, Vendée - une sorte de Martha’s Wineyard labovien, à deux pas de Nantes, où l’on parle un poitevin éblouissant. J’y ai réalisé des enquêtes de terrain pendant 4 ans, entièrement en poitevin, que j’ai appris « sur le tas » pour l’occasion. Apprendre un dialecte d’oïl n’est pas une mince affaire, car les locuteurs sont très exigeants sur le moindre détail de prononciation et de grammaire. Mais quand on y arrive, on est bien récompensé, même si les gens continuent de vous dire « tu ne parles pas vraiment comme nous : on dirait que tu es Canadien » !.

Entre deux, je fis des stages au Portugal (1989), au Brésil (1990), en Tchécoslovaquie (1991) et dans les Pays baltes (1992), surtout l’Estonie, qui est un pays que j’aime particulièrement, en raison de la diversité des centres d’intérêts de son (plus d’un) million d’habitants : plus d’un million de personnes s’intéressant à une foule de choses, cela fait d’un petit pays une grande planète.

Je fus ATER de 1994 à 1996 à l’Université de Nantes, où j’eus le bonheur de travailler avec Olga Galateanu, Jean-Michel Gouvard, et Benoit de Cornulier. Sans oublier les vieux copains, comme Gabriel Parnet, qui a le mérite de ne pas aimer les récits de vie niais. En hommage à cette qualité de Parnet, il me faut donc faire court et bientôt mettre un point final à ce laïus.

A partir de 1996, je fus recruté à l’ILPGA, Université de Paris 3. J’y ai trouvé une équipe du tonnerre, notamment à l’UMR 7018 (Phonétique et Phonologie), mais si j’en dis trop de bien, ils vont se sentir gênés, donc j’arrête. Il y a une très bonne ambiance au labo. Les ordinateurs portables ont remplacé les vieux silos à phones qu’étaient les machines de Kay Electronics & C°, etc. qui rendirent de fiers services dans le passé, mais quel confort de travailler sur Praat avec les scripts de Cédic Gendrot ! J’ai aussi, depuis 1998, fait des enquêtes de terrain sur l’albanais de Calabre (1998), le basque du Gipuzkoa (1999-2000), les langues mayas du Mexique et du Guatemala (1999-2006), le mordve de la République de Mordovie (2003 et 2004) et le mari (2002) de la République de Mari El (Russie). Pour le mari, je n’ai pas pu me rendre sur place, mais j’ai eu la chance de rencontrer un excellent informateur à Tallinn, Estonie, avec qui je pouvais utiliser l’estonien comme lingua franca. En revanche, pour le mordve, je me suis bien rendu sur place à deux reprises. J’encourage les spécialistes de typologie linguistique à s’y rendre : l’Institut des Humanités de Saransk est demandeur de spécialistes européens intéressés par le moksha ou l’erzya.

J’ai soutenu l’Habilitation à Diriger des Recherches en décembre 2005 (700 pages… C’est promis, je ne le ferai plus). Alain Kihm, sociolinguiste, traducteur de William Labov et de Noam Chosmky, et créoliste distingué, m’a accompagné durant les deux ans de préparation. Un grand moment, ces deux ans, et ce travail avec Alain. Le reste est sur mon CV.

Un salut amical à J. P. Roos, sociologue finlandais, qui, à la différence de Gabriel Parnet, aime les récits de vie trop longs !