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Arnold Aron

Membre associé

Docteur

Laboratoire de Phonétique et Phonologie
UMR 7018, CNRS/Sorbonne-Nouvelle
19 rue des Bernardins
75005 Paris

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Thèse soutenue le 03/12/2015 à 15h salle C, centre Bièvre, 3ème étage, 1-5 rue Cendier - 75005 Paris

La voix genrée, entre idéologies et pratiques Une étude sociophonétique, sous la direction de Jacqueline Vaissière & Luca Greco

Jury :

  • Mme Jacqueline VAISSIERE, Professeur des Universités - Université Paris 3
  • M. Alexandre DUCHENE, Professeur des Universités - Université Fribourg (Suisse)
  • Mme Béatrice FRACCHIOLLA, Professeur des Universités - Université Metz
  • Mme Zsuzsanna FAGYAL - LE MENTEC, Professeur des Universités - University of Illinois (USA)
  • M. Luca GRECO, Maître de conférences / HDR - Université Paris 3

Résumé :

Ce travail de thèse interroge le lien qui existe entre voix et genre. Le triple dispositif analytique sociophonétique, consistant à articuler données phonétiques, expérimentales et ethnographiques, a permis d’étudier comment une voix est perçue comme genrée et comment des locutrices/eurs utilisent des pratiques vocales pour indexer des identités de genre.
Deux expériences dans lesquelles étaient utilisés comme stimuli des voix de synthèse et des voix resynthétisées ont permis d’observer que la fréquence fondamentale et les fréquences de résonance jouent des rôles différents dans la perception du genre. Une troisième expérience avec des voix de locutrices/eurs trans (transgenres, transsexuel-le-s) a permis de reproduire les résultats des deux expériences précédentes : en deçà d’un certain seuil de fréquence fondamentale, les voix tendent à être perçues comme « voix d’hommes » ; la perception genrée de voix produites avec des fréquences fondamentales supérieures à ce seuil est cependant largement déterminée par les fréquences de résonance.
L’étude de pratiques vocales utilisées par des locutrices/eurs trans a soulevé un ensemble de questions sur le passing de genre et sur la co-indexation d’identités et de postures par la voix. Elle a aussi soulevé la question de la légitimité de chercheurs identifiés comme hommes cisgenres à réaliser ce type d’étude. Une démarche ethnographique a pu apporter des éléments de réponse à ces différentes questions.
Une analyse de la littérature phonétique a finalement permis de montrer que celle-ci, à travers ses questions et hypothèses de recherche, ses axiomes, ses analyses et interprétations des données, peut véhiculer une idéologie de genre binaire et sexiste.

Mots clés :

fréquence fondamentale, fréquences de résonance, genre, indexicalité, sociophonétique, transidentité, voix.