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ANR SLBL

Vowel-less Syllables at the Interface of Phonology, Phonetics, and Psycholinguistics

mis à jour le 1er octobre 2014

ANR-08- JCJC-0127

Projet financé dans le cadre du programme ANR C Jeunes chercheurs édition 2008

Equipe unique : UMR 7018 Laboratoire de Phonétique et Phonologie

Coordinateur principal : Rachid RIDOUANE

11 participants (par ordre alphabétique) : LPP : Cécile Fougeron, Cédric Gendrot, Pierre Hallé, Gwenaëlle Le-Bouard, Barbara Kühnert, Annie Rialland, Rachid Ridouane, Coralie Vincent Partenaires extérieurs : Adamantios I. Gafos (New York University), Louis Goldstein (University of South California), Chakir Zeroual (Faculté de Taza, Maroc)

Durée du projet : 3 ans (janvier 2009 – décembre 2012)

Résumé en français
La syllabe est une unité fondamentale de la structure prosodique, et a toujours été un concept clé en linguistique. Cependant, les recherches actuelles ne cessent de soulever des questions fondamentales concernant la nature de cette unité. Dans la majorité des langues, la distribution entre le noyau d’une syllabe et ses extrémités est presque toujours corrélée avec la distinction lexicale entre les sonorantes (principalement les voyelles) et les obstruantes. Le Berbère chleuh, la langue examinée ici, représente une exception précieuse. Dans cette langue, il est admis que l’ensemble de son inventaire consonantique peut alterner entre position nucléaire et non-nucléaire, autorisant des syllabes de la forme [tz], [tf], ou [tk] (Dell et Elmedlaoui 2002, Ridouane 2008). L’existence de syllabes sans voyelles soulève des questions du plus grand intérêt théorique. Dans une approche de type « Phonologie de Laboratoire », le projet traite des questions liées à la manifestation phonétique et à la réalité psycholinguistique de telles syllabes. Le but des études phonétiques est de déterminer comment des syllabes sans voyelles ainsi que leurs constituants sont caractérisées par des propriétés mesurables dans les domaines acoustiques et articulatoires. Nous voudrions déterminer si ces syllabes partagent des propriétés physiques communes avec les syllabes « classiques », dont les noyaux sont véritablement vocaliques. La partie psycholinguistique vise à évaluer la perception de la syllabe par les locuteurs natifs grâce aux jugements métalinguistiques. Le but est de déterminer si les locuteurs natifs ont une notion cohérente de la structure syllabique des expressions, et comment cela pourrait correspondre à une organisation (ou segmentation) syllabique telle que celle décrite par l’organisation phonético-phonologique. Il s’agira aussi de déterminer comment les auditeurs décomposent une syllabe en différents constituants et de déterminer si et comment les auditeurs natifs détectent les noyaux syllabiques dans des séquences de consonnes.

Résumé en anglais
The syllable is a fundamental unit of prosodic structure which has always been a key concept in linguistics. Current research continues, however, to raise many basic questions concerning the nature of this unit, the relation it has to measurable physical properties, and the role it may play in cognitive encoding of speech. One reason why the syllable has proved so elusive is in part related to its structure. In the majority of the world languages, the distribution between the nucleus of a syllable and its margins is almost always correlated with the lexical distinction between sonorants (mostly vowels) and obstruents. Hence, there is some doubt on whether syllable nucleus must be defined by its intrinsic properties as a segment, its properties relative to the surrounding segments or some other property. Tashlhiyt Berber is a very welcome exception to the dominant trend of clear nucleus syllables. In this language, it is claimed that the entire set of its consonantal inventory may alternate between nuclear and non-nuclear positions, making syllables of the shape [tz], [tf], or [tk] quite common (Dell and Elmedlaoui 2002, Ridouane 2008). The existence of such syllables raises questions of the utmost theoretical interest, which are bound to provide important results on the organization and malleability of the phonology/phonetics system. Within a Laboratory Phonology approach, we plan to handle issues related to the psycholinguistic reality and the phonetic manifestation of such syllables. We adopt the framework of Articulatory Phonology (Browman and Goldstein 1995) in handling issues on the phonetic manifestation of the syllable, because this framework provides a way of thinking about syllable structure that leads to testable hypotheses. There is also a need for experimental psycholinguistic studies providing metalinguistic data on naive listeners’ intuitions about the syllable and syllabification. The only sources of evidence for how Tashlhiyt utterances may be represented in listeners’ mind in terms of syllables are versification (Dell & Elmedlaoui 2002) and some native phonologists’ intuitions (Elmedlaoui, Boukous, Jebbour, Ridouane).