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ANR PHONREP

Phonological repair in speech and print (Réparation phonologique en parole et à l’écrit)

mis à jour le 1er octobre 2014

Programme Blanc SHS édition 2008

2 équipes partenaires :

  • UMR 7018 Laboratoire de Phonétique et Phonologie ; resp. Pierre Hallé
  • UMR 8189 Laboratoire de Psychologie et Neurosciences Cognitives ; resp. Juan Segui

Coordinateur principal : Pierre HALLE

6 participants (liste alphabétique) : F. Cuetos, A. Dominguez, B. New, P. Hallé, A. Rialland, J. Segui.

Durée du projet : 3 ans (janvier 2009 – décembre 2011)

Résumé en français :

Le premier objectif de ce projet est de documenter de façon exhaustive deux types représentatifs de réparation phonologique : l’épenthèse vocalique et la substitution de segment. Un troisième type, la chute de segment, est peu fréquent dans les mots d’emprunt et sans doute également peu fréquent en perception interlangue de parole. Cette documentation portera sur (i) les représentations, (ii) les processus psychologiques sous-jacents et (iii) les corrélats d’activité cérébrale. L’étude proposée s’attachera particulièrement à la question de la nature consciente ou non-consciente des processus phonologiques de réparation. Est-ce que ces processus de réparation sont si profondément enfouis dans l’esprit des locuteurs que leur déroulement échappe à tout contrôle conscient ? Si tel était le cas, cela viendrait confirmer l’économie et l’efficacité du système humain de traitement de la parole. Le second objectif de ce projet est d’examiner la question du parallélisme entre les réparations phonologiques dans le traitement de la parole et dans celui de l’écrit. Cette question renvoie plus généralement à la problématique de la médiation phonologique dans le traitement de l’écrit. Est-ce que l’écrit active les mêmes représentations et suscite les mêmes processus que la parole ? Nous avons recueilli des données préliminaires encourageantes suggérant que les réparations phonologiques fonctionnent de la même façon dans le traitement de la parole et de l’écrit. Le projet proposé examinera en profondeur l’hypothèse de ce parallélisme, s’appuyant à la fois sur des données comportementales et sur des données ERP (Potentiels Evoqués). Dans cette partie du projet également, la question de la nature non-consciente des processus mis en jeu est pertinente : est-ce que ces processus sont si automatiques que des séquences de lettres non vues consciemment sont recodées en une représentation de parole traitée ensuite exactement comme si c’était de la parole ? Nous nous attendons à trouver que notre interprétation de tout input de parole est étroitement et automatiquement contraint par notre phonologie. Cette contrainte pourrait également s’appliquer aux inputs écrits. Plus généralement, cet aspect de la perception de l’oral et de l’écrit est une illustration d’une “stratégie” générale du système cognitif dans le traitements des inputs linguistiques : le système tend à faire un pari sur ce qui se cache “derrière” l’input physique dès lors que suffisamment d’information est disponible, que le pari initial s’avère ou non correct par la suite. Ce comportement du système est illustré à différents niveaux d’analyse : l’analyse syntaxique (analyses “garden path”), l’analyse morphologique (décomposition initiale, automatique et aveugle basée sur des critères de forme, comme dans baguette = bague + -ette), et ici, la réparation phonologique : scuro transitoirement interprété comme escuro en espagnol, tlacard comme clacard en français, et ainsi de suite. Naturellement, nous avons besoin de mieux connaître les spécificités des processus mis en jeu, comme ses limitations contextuelles et son organisation temporelle précise. C’est précisément ce que nous proposons d’étudier.

Résumé en anglais :

The first goal of the project is to document quite exhaustively two representative types of phonological repair : vowel epenthesis and segment substitution. The third main type, segment deletion, is infrequent in loanwords, and probably in cross-language speech perception as well. The documentation bears on (i) representations, (ii) psychological processes, and (iii) brain activity correlates. The proposed studies will focus on the non-conscious versus conscious nature of the processes underlying phonological repair. Are the processes of phonological repair so deeply imprinted in the listeners’ mind that their unfolding is out of conscious control ? If this was the case, such observation would speak for the economy and efficiency of the human speech processing system. The second goal of the project is to investigate the parallelism between speech and print for phonological repairs. This bears, more generally, on the issue of phonological mediation : Does print activate the same representations and triggers the same processes as speech ? Preliminary data are promising for this line of research, suggesting that phonological repair operates in the same way for speech and print. The proposed project will test this putative parallelism in depth, using both behavioral and ERP (event-related-potential) experimental paradigms. Here also, the question of the non-conscious nature of the processes at stake is relevant : Are these processes so automatic that unseen strings of letters are recoded into a speech representation subsequently treated exactly as if it were speech ? We expect to find that our interpretation of any speech input is narrowly, and automatically constrained by our native phonology. This constraint would also apply to written input. At a more general level, this aspect of speech and print perception is an illustration of a pervading “strategy” used by the cognitive system to process linguistic inputs : the system tends to guess what is intended “behind” the physical input as soon as sufficient information is available, whether the initial guess later proves to be correct or not. This behavior of the system is exemplified at different levels of analysis : syntactic analysis (“garden path” parses), morphological analysis (automatic, blind initial decomposition based on form criterions, as in baguette = bague + -ette), and, here, phonological repair : scuro transitorily interpreted as escuro in Spanish, tlacard as clacard in French, and so on. Of course, we need to know more about the specifics of the processes involved, such as contextual limitations, and precise timing. This is just what we propose in this project.