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ANR APPSy

Asymétries phonétique et phonologique de la syllabe

mis à jour le 22 octobre 2014

Programme ANR Blanc 10-BLAN-1916-05

Partenaires du projet :

  • LPP, Laboratoire de Phonétique et Phonologie (CNRS / Université Paris3)
  • MICA, Institut national polytechnique de Grenoble
  • LIG Université joseph fourier Grenoble 1
  • Phonolab Université libre de bruxelles
  • GIPSA Université Stendhal Grenoble 3, coordinateur du projet
  • LIDILEM Université Stendhal Grenoble 3

Début et durée : Janvier 2011 - 48 mois

Le projet « Asymétries Phonétique et Phonologique de la syllabe » (APPSy) a pour but d’interroger un universel de l’organisation structurelle de la syllabe à savoir l’attraction des segments consonantiques dans la position antéposée au noyau vocalique (attaque) au dépend de la position postposée (coda). L’étude sera menée dans le cadre de la théorie Frame/Content de MacNeilage (1998) selon laquelle l’organisation de la parole en successions de consonne et voyelle est le produit de l’oscillation de la mandibule, reliant directement la structure CV universelle au cycle du geste mandibulaire : la consonne est produite lorsque la mandibule est en position haute alors que la voyelle est réalisée lorsque la mandibule est en position basse. Cependant cette théorie n’apporte pas d’explication à la forte prédominance de la structure syllabique CV par rapport à la structure inverse VC qui représente moins de 5 % des syllabes des langues du monde et qui s’inscrit tout aussi bien dans le cycle mandibulaire. Plus généralement, la théorie n’explique pas un des standards régulièrement utilisés dans les descriptions de processus phonologiques, à savoir le principe empirique de maximisation des attaques ou MOP (Maximization Onset Principle), qui intervient essentiellement dans la syllabation des consonnes intervocaliques, assignant ces dernières en priorité à la position d’attaque au détriment de la position de coda.
En cherchant à évaluer l’impact des propriétés biomécaniques de la mandibule sur l’articulation des segments à partir d’une étude sur l’anglais-américain, Redford (1999) montre l’existence d’une asymétrie entre les deux phases du cycle mandibulaire : la phase de remontée apparaît plus rapide, moins ample et plus raide (stiffness) que la phase d’abaissement.
Le projet APPSy a pour but d’explorer cette asymétrie articulatoire qui pourrait expliquer le MOP en étudiant, avec des procédures complémentaires EMA® et EMG, les liens entre le geste mandibulaire et différentes structures syllabiques, à partir d’une sélection de 7 langues qui diffèrent dans la complexité articulatoire de leurs segments consonantiques et celle de leurs structures syllabiques.
En complémentarité de ce premier volet expérimental, le projet vise la réalisation d’une vaste étude originale de quantification des tendances universelles des structures syllabiques à partir de trois sources : données de lexiques phonologisés et syllabés ; données dialectales d’atlas linguistiques permettant de repérer et d’analyser des processus d’émergence de la complexité en attaque de syllabe ; corpora multilingues de parole continue d’adultes et d’enfants, en partie constitués de corpora déjà existants mais qui demandent à être étendus dans le cadre du projet. Ces données permettront d’observer les fréquences des structures syllabiques dans les lexiques et les réorganisations de ces structures en parole spontanée chez l’adulte et l’enfant comparés aux changements phonétiques. Elles permettront aussi de vérifier les prédictions formulées à partir des résultats expérimentaux du volet 1.
La troisième partie du projet étudiera l’applicabilité de propriétés mécaniques du geste mandibulaire et de leurs conséquences acoustiques dans la détection des frontières syllabiques. La finalité de ce dernier volet sera d’une part, de proposer une méthodologie innovante basée sur les faits phonétiques (volet 1) et jouant un rôle de joncture dans le découpage syllabique pour les intégrer dans un outil de syllabation automatique (qui sera testé sur les corpora du projet) et d’autre part, d’envisager la syllabe comme unité de modélisation en reconnaissance de la parole. Dans ce domaine, contrairement au phonème, la syllabe a été curieusement peu envisagée comme unité de modélisation élémentaire pour la reconnaissance automatique de la parole. Le projet consistera donc à évaluer l’intérêt d’une telle modélisation pour le traitement automatique des langues.